En cette période d’agitation médiatique et citoyenne concernant le procès d’Emmanuel Giboulot, vigneron bourguignon qui a refusé d’utiliser un pesticide dans ses vignes, faisons un rapide éclairage sur ce qu’est le vin bio.

image

Commençons par le commencement. La viticulture biologique s’inscrit dans le cadre de l’agriculture biologique, qui se distingue de l’agriculture conventionnelle et de l’agriculture raisonnée par le refus d’utiliser des produits chimiques de synthèse et des OGM.

Dans ce sens, le vigneron bio utilise des produits d’origine naturelle afin de favoriser la biodiversité qui est une source essentielle d’autorégulation dans les écosystèmes agricoles.

Il applique principalement des méthodes préventives plutôt que curatives pour protéger ses vignes des maladies et des ravageurs.

L’objectif majeur du vigneron bio est d’avoir un sol vivant et une vigne équilibrée et autonome, capable de se défendre par elle-même.

On l’a compris donc : le vin bio est d’abord un vin issu de raisins cultivés en agriculture biologique.

Mais qu’en est-il du reste, c’est-à-dire de la vinification ? (période à partir du moment où le raisin rentre dans la cave pour entamer sa transformation en vin)

Et bien jusqu’au 31 juillet 2012, le vin bio n’avait pas d’existence juridique en tant que tel dans la mesure où seule la viticulture pouvait être labellisée « bio », le logo AB garantissant uniquement que les raisins utilisés pour faire ce vin étaient issus de l’agriculture biologique.

Le 1er août 2012 marque la naissance du « vin bio » au niveau européen, puisque c’est désormais l’ensemble du processus d’élaboration du vin, du raisin (viticulture) jusqu’au vin (vinification) qui est certifié bio.

photo

Pour avoir le droit d’écrire « vin bio » sur leurs étiquettes, les vignerons bio doivent suivre non seulement un cahier des charges concernant la viticulture (pas de pesticides, pas d’engrais chimiques, pas de désherbage chimique, etc) mais également un cahier des charges concernant la vinification, pour faire simple :

  • l’interdiction de certaines pratiques œnologiques,

  • une limitation des intrants utilisables,

  • une limitation de l’ajout de sulfites (150 mg/l pour les vins blancs et rosés, 100 mg/l pour les vins rouges).

Notons que pour bon nombre de vignerons bio, cette labellisation « vin bio » depuis 2012 est trop permissive en ce qui concerne la vinification mais reconnaissons qu’elle a au moins le mérite d’apporter une définition et une existence légale au terme « vin bio ».

Pour ce qui est des chiffres, le vin bio représente aujourd’hui 8% des surfaces viticoles en France avec des surfaces cultivées en bio qui ont plus que quadruplé en 10 ans !

Arriverons-nous néanmoins à l’objectif de France Vin Bio fixé à 50% des surfaces viticoles cultivées en bio dans 20 ans ?

C’est à vous d’en décider : à vos verres de vin bio !

Comments Closed