Hier soir, à l’Etiquette (10 rue Jean du Bellay, 75004), c’était jour de fête. Et Bacchus a surtout fait sa fête au Domaine du Grand Cléré, qui lui tient tant à cœur, pour lancer la saison 2012-2013 de ses fameux cours d’oenologie.

Une première consacrée à François Blanchard et ses vins préhistoriquement bios, comme un symbole. Ce vigneron-musicien, avant tout un chic type, exploite à l’ancienne moins de 3 hectares à Léméré, un petit village à 15km au sud-est de Chinon. Une gamme de vins d’Appellation d’Origine Totalement Incontrôlée qui transpirent le terroir et la vérité.

Ça commence par son Sauvignon 2010, jeune, rieur et fougueux, du jus en pleine liberté qui provient d’un raisin qui à coup sûr s’est amusé… Au nez et en bouche, des fruits qui partent dans tous les « sens » avec de la prune et de l’exotisme entre autres à revendre.

Ça se poursuit avec le Sauvignon 2009 au premier nez d’eau de vie, de Calva, qui nous transporte au deuxième nez en plein Jura.  En bouche, whaou, c’est tendu, droit, vif (pourquoi cette accumulation de synonymes me direz-vous? C’est l’émotion, pardonnez…), ça joue une partition à la noix et au curry, moi qui croyais François pacifiste, c’est une bien belle claque qu’il vient d’infliger à Bacchus !

Troisième et dernier blanc de la soirée, le Sauvignon 2006, tout en retenue, belle entrée sur scène, fraîche et vive comme 2010, prestation de qualité mais dernière partie du spectacle quelque peu écourtée, sans doute par timidité et peur de la lumière, lui qui vient de passer 6 années en coulisses… Mais du talent, ça c’est évident.

Ensuite, Bacchus a vu rouge pour le reste de la soirée, et quel rouge !!!

En première partie du concert, la « presse » en 2010 est conviée (50% cabernet franc, 50% cabernet sauvignon) pour voir se répandre fruits noirs, petites épices douces, tanins veloutés, de bien belles notes qu’on avait oubliées mais qui paraissent si évidentes quand on nous les joue de cette façon.

Et que dire du Grand Cléré 2010, même assemblage que le précédent, mais alors quel charme… Une entrée en matière pas évidente, troublée par de légères et éphémères notes volatiles mais une bouche d’une élégance et d’une subtilité incomparable. On ferme les yeux, on s’envole et on se laisse guider… Après une telle prestation, une envie irrépressible de rappels infinis mais il n’y aura plus de retour sur scène, on ouvre les yeux, la bouteille est vide, triste réalité.

On attend la prochaine tournée, chapeau l’artiste !

 

 

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