En cette semaine ensoleillée, Bacchus a décidé de revenir sur son petit séjour à Porto d’il y a quelques semaines, et pour vous parlez de quoi à votre avis? Bah oui, sans surprise, de ce doux breuvage national: le Porto évidemment !!!

Tout commence par une petite virée dans la Vallée du Haut Douro, à l’est de Porto. Il faut bien attendre une centaine de kilomètres pour découvrir les paysages grandioses qui donnent naissance au Porto. Tout se passe sur les pentes de ces vertes collines… La vigne est cultivée sur un sol schisteux qui repose sur un sous-sol granitique. Ce sol est tellement pauvre en matières organiques et tellement aride que seuls les oliviers, les amandiers et cette vigoureuse vigne arrivent à survivre. La vigne est essentiellement cultivée sur des terrasses accrochées à des falaises abruptes, par de petits producteurs qui possèdent chacun une petite parcelle appelée quinta.

Niveau climat, c’est continental, il fait très froid l’hiver, il y neige régulièrement, et très chaud et sec l’été, les températures atteignant souvent les 40°C.

Le long du fleuve, les paysages sont magnifiques et méritent totalement le détour même si vous n’êtes pas adeptes de ce vin doux naturel, ce que Bacchus ne saurait évidemment comprendre…

L’élaboration du Porto débute donc par les vendanges, réalisées dans des conditions particulièrement pénibles étant donné la pente sur laquelle poussent les vignes et la chaleur accablante. La fermentation des raisins se déroule dans les quintas, et c’est au cours de cette fermentation qu’a lieu le mutage, c’est-à-dire l’ajout d’eau de vie au moût sucré du raisin. Cette opération a pour objectif d’arrêter la fermentation pour conserver une quantité importante de sucres dans le jus de raisins et renforcer l’aptitude du vin au vieillissement. Ce moment est essentiel pour le Porto: si le mutage est effectué trop tôt, le vin sera trop pâteux, si c’est trop tard, il manquera de fruit… Ensuite, le Porto rentre dans une phase de sommeil pendant tout l’hiver pour être ensuite transporté au printemps vers les chais des négociants situés à Porto même. A l’époque, l’acheminement des fûts se faisait à bord des rabelos, sortes de bateaux en bois ressemblant à nos gabares.

De retour à Porto, Bacchus s’empressa d’aller visiter, à Vila nova de Gaïa, le chai d’une de ses sociétés de vente de Porto, et c’est sur les hauteurs de la ville (offrant par ailleurs l’une des plus belles vues de la ville), chez Graham’s, grande maison familiale qu’il fut accueilli. Un petit verre de Porto blanc half sweet (demi doux) le fit patienter un peu. Au passage, le Porto peut être sec ou doux en fonction de la quantité de sucres résiduels qu’il contient.

S’ensuivit une visite du chai, et quel chai !!! Des fûts gigantesques, à perte de vue, renferment plus de 7 millions de litres de Porto !!!

Pour la petite histoire et pour donner une explication au fait que la plupart de ces sociétés de vente de Porto portent un nom anglo-saxon, c’est un marchand anglais, Jean Bearsley, qui au début du 18° siècle eut la géniale idée d’ajouter de l’eau de vie au vin pur. Ceci permit d’augmenter le degré d’alcool et de favoriser le transport du vin de Porto dans de bonnes conditions ce qui donna naissance au Porto tel que nous le connaissons aujourd’hui. Les Anglais en firent ensuite commerce de générations en générations.

Un petit passage par la cave pour voir tous les Portos millésimés et notamment leurs plus anciens flacons, datant de 1868 !

A la fin de cette visite harassante, il devenait vital de déguster !

3 Portos rouges nous attendaient bien gentiment: un Porto Tawny, un assemblage de cuvées de 5 à 7 ans en fûts au contact de l’air, de couleur orangée et aux arômes oxydatifs très marqués comme la noix, le pruneau ; un Porto Rubis, assemblage de vins jeunes qui passent entre 2 et 6 ans en fûts avant d’être embouteillés, d’une couleur rouge vif, en bouche très vif et fruité; un Porto Vintage ou millésimé, qui provient donc de la récolte d’une année en général exceptionnelle, resté 2 ans en fûts avant d’être embouteillé et conservé de 15 à 20 ans voire plus, et donc très recherché, doté en bouche d’une très belle longueur…

Obrigado Por-tu-gaaaal !!! A coup sûr, désormais, Bacchus ne boira plus jamais le Porto de la même façon…

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